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05 Août 2016

Maures : retour nostalgique en adolescence

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Maures : retour nostalgique en adolescence
Une dernière fois la nuit
Avis des lecteurs : 3/5 5 Donner un avis
« Adolescent, j’attends les heures d’été. Que mon corps s’ouvre, se dilate, respire et se brûle. » C’est la dernière nuit d’un homme, arrivé d’Italie après un long chemin. Ses poumons suffoquent. Il se souvient. De l’enfance et des premières crises d’...
Paru le : 
27 Février 2013
L'autre pays
« À cet instant, je sais que le périple italien ne s’aventurera pas plus au sud, comme si j’avais trouvé un pays à Craco, un pays certes sans ossements, sans tombes qui portent mon nom, sans murs de famille mais un pays tout de même. » Dans ce récit charnel et poignant, Sébastien...
Paru le : 
16 Avril 2014
Maures
Avis des lecteurs : 4/5 5 Donner un avis
« Ces images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mes désirs et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, l’horizon bleu, le sel marin. » Entre ombre et lumière, Maures est une plongée en adolescence dans une pinède au...
Paru le : 
24 Août 2016

Cette rentrée littéraire 2016 offre des trésors discrets. Parmi eux, Maures (Stock), de Sébastien Berlendis, nous entraîne au cœur d’étés adolescents, vécus par l’auteur des années plus tôt, dans une pinède au bord de la mer. Sensations et souvenirs se mêlent, dans ce petit ouvrage sensuel et poétique, à retrouver en librairie dès le 24 août 2016.

Sébastien Berlendis en un clin d’œil

Sébastien Berlendis est professeur de philosophie. Il est l’auteur de Une dernière fois la nuit et L’autre Pays, parus aux Editions Stock. Maures, publié chez le même éditeur, est son troisième roman.

 

Pourquoi on aime Maures ?

Sébastien Berlendis a passé tous les étés de son adolescence dans une pinède au bord de la mer, dans le camping de La-Londe-Les-Maures. De ces vacances qui ont à tout jamais marqué son esprit, l’auteur a gardé de nombreux souvenirs : des sensations, des impressions, des noms, Marie, Gilles, Tom, Léna, Louise, Cap Camarat, Hyères-les-Palmiers, la plage de Miramar, des dates, des âges, la découverte, tantôt douce tantôt brûlante, du corps des filles.

 

En les rassemblant, il livre un ouvrage très doux, sensuel, mélancolique et poétique, écrit non comme un roman mais par fragments, où les années se mélangent, où les souvenirs semblent être contés tout naturellement à mesure qu’ils réapparaissent dans la mémoire de l’auteur. Si le récit n’est pas linéaire, il laisse voir une évolution, et mène tristement vers une disparation. Celle du grand-père – adoré – de l’auteur, celle du paysage, celle de l’adolescence, bien sûr.

 

Maures a beau être le recueil des souvenirs très précis de l’auteur, il ravive avec une puissance surprenante les souvenirs de tout lecteur qui a lui aussi passé les étés de sa jeunesse dans un même lieu, et peut-être d’ailleurs, de tout lecteur qui a eu une adolescence… Un livre qu’on peut lire d’une traite ou dans lequel on peut venir piocher.

 

La page à corner

"Après l’amour, Louise lutte pour rester éveillée. Elle dit vouloir garder les odeurs, les bruissements de la pinède. Être attentive aux pensées qui me remuent. Elle relève le drap jaune, je sens ses muscles et la pointe des seins se détendre, elle chuchote amour sur mes lèvres, pose sa main sur mon sexe, la fatigue ferme ses paupières.

 

L’été, je n’éprouve pas la nostalgie d’un présent passé trop vite, l’accélération du temps m’est étrangère. Ce qui me plaît, une fois la barrière du camp franchie, c’est de retrouver une multitude de signes d’accueil.

 

Les premiers étés, le camp ne dispose pas de bornes électriques. Pour dîner nous profitons du reste du jour qui flotte sous les pins. Quand l’obscurité descend, mon grand-père dispose sur les tables des bouteilles de vin vides sur lesquelles il plante des bougies. La lueur tire nos visages et leurs ombres de la nuit.

 

Je sens au cœur du ventre une torsion légère et désagréable, une mélancolie de fin de saison. Mais rien ne m’importe plus que d’être allongé sur le sable dur de la troisième plage.

 

L’été, j’aime que Marie laisse ses poils envahir ses aisselles. La blancheur de sa peau, ses formes, ces deux taches sombres donnent à son corps une beauté, une féminité d’un autre siècle.

 

Les reflets de la lune dans la mer et les phares du port à distance, dans la pinède la nuit est totale. Nous n’avons pas le droit de la traverser seuls et sans torches électriques. Les filles s’écartent du sentier pour gagner les fougères hautes. Elles nous prennent la main, je suis un garçon qui marche derrière une fille, le sang et le cœur retournés. La pinède prend des allures de cloîtres, l’été est bien, comme mon grand-père le dit, une parenthèse enchantée, enfant je ne comprenais pas cette expression."

 

Maures vu par la presse

"Maures, en prolongeant ces étés, les rend éternels." Véronique Rossignol, LivreHebdo

 

Claire Sarfati

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